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PANNEAU-EHPAD-RENE-GABE

Suite à l’envoi de plaintes de familles des résidents,...

les services du département ont effectués une inspection surprise dans les locaux de la CAPA d’Oloron-Ste-Marie il y a quelques semaines. Le rapport qui en a découlé est accablant.

La CAPA (Comité d’Aide aux Personnes Agées) d’Oloron-Ste-Marie compte en son sein quatre établissements : trois EHPAD (Etablissements d’Hébebergements pour Personnes Agées Dépendantes) : Henri-Laclau et Camou basés sur Oloron et René-Gabe à Gurmençon, et un Foyer logement également siège social de la CAPA à Oloron. Les trois EHPAD proposent un hébergement permanent (190 places au total), habilités au titre de l’Allocation logement et de l’Aide sociale. La résidence autonomie (foyer) compte quant à elle 74 appartements et est habilitée et au titre de l’Allocation logement. À cela il convient de rajouter le service de portage de repas à domicile habilité au titre de l’Aide sociale. Alors que la structure fête cette année ses 65 ans d’existence, elle se trouve au cœur d’une situation des plus problématiques. En effet, une plainte adressée, courant juillet 2026 par des familles de résidents auprès des services dédiés du Conseil Départemental des Pyrénées-Atlantiques et de l’ARS (Agence Régionale de Santé) a été jugée suffisamment grave pour que les premiers nommés organisent dans les jours qui ont suivis la plainte, une « inspection inopinée ». Très rapidement après la réception de la plainte, huit agents du département sont venus inspecter les établissements de la CAPA Camou. « Lorsque nous l’avons déclenchée, nous l’avons fait après en avoir discuté avec l’ARS, explique Jean Lacoste en charge du dossier au CD 64 en sa qualité d’élu délégué aux personnes âgées et de l’autonomie, car nous travaillons toujours en étroite collaboration avec eux. » Dès le 31 juillet, un courrier d’injonction a été adressé à la CAPA pour remédier aux défauts constatés. Les faits reprochés sont lourds. On parle de plusieurs décès par défénestration au sein de la structure. Le premier au sein de l’EHPAD René-Gabe et un autre à l’EHPAD Camou.

Des faits très graves « cachés » aux autorités très longtemps qui ne passent pas auprès du département

Concernant ce second acte, il se serait produit le 15 mars avec un décès quelques jours plus tard à l’hôpital. Lors de leur inspection, les agents du département ont dit avoir constatés des dysfonctionnements graves quant à la prise en charge des patients. Suffisamment pour que Jean Lacoste prenne le dossier très au sérieux : « Il est de la responsabilité et même du devoir du Conseil Départemental de veiller à la sécurité et à la dignité des personnes âgées et dépendantes du territoire, le cas d’Oloron est suffisamment grave pour que nous prenions cette affaire très au sérieux. » Outre les deux décès, il serait également question de deux autres tentatives le tout depuis décembre 2025. Mais ce n’est pas tout, les services départementaux ont également été informés, par d’autres sources, de multiples cas d’agressions sexuelles, entre résidents au foyer logement, dont le premier remonterait à 2019 ! Une plainte auprès du procureur aurait été déposée  au début de cet été.  « Nous l’avons découvert comme nous avons découvert tout le reste, s’emporte Jean Lacoste, particulièrement ulcéré par ce qu’il considère être un manquement grave de la part des gestionnaires de la structure, allant même jusqu’à employer le terme de trahison : « On peut effectivement parler de trahison. Nous étions en relation avec les responsables de la CAPA d’O   loron depuis des mois par rapport à des projets de rénovation. Durant tout ce temps nous les avons accompagnés, conseillés, leur avons proposés des solutions, et durant tout ce temps, ils nous ont tout cachés ! Rappelons que tout problème majeur doit nous être remonté, ainsi qu’à l’ARS, par les responsables des structures sociales ou médico-sociales dès qu’il se produit… là on parle de tentatives de suicides et de décès datant de plus de 6 mois et d’agressions sexuelles ayant démarrées il y a 7 ans ! »

Les « mains » du CD 64 ne trembleront pas en vue d’une décision radicale

Le ton est ferme et décidé : « il faut que tous les citoyens sachent que la sécurité de nos aînés ne souffre d’aucune faiblesse de notre part, que chacun en soit certain, nous ne ferons preuve d’aucune négligence en ce sens et encore moins de complaisance. Tant les résidents que les familles ne doivent craindre une quelconque inaction de notre part. Ni la main du président Jean-Jacques Lasserre, ni la mienne ne trembleront si nous devons prendre une décision radicale. N’oubliez pas que nous n’avons pas hésité à faire fermer un établissement pour personnes âgées dans le département il n’y a pas si longtemps. » Pour mémoire, l’EHPAD « Les Hortensias » à Urt s'est vu retirer son autorisation de fonctionnement vendredi 23 janvier, sur décision conjointe de l’ARS Nouvelle-Aquitaine et du Département des Pyrénées-Atlantiques après plusieurs inspections inopinées révélant des manquements graves. Côté calendrier et suite des procédures, les services départementaux adresseront prochainement à la CAPA Camou un rapport provisoire. Le Conseil d’Administration de la structure aura alors un délai d’un mois pour y répondre en apportant d’éventuelles observations avant que le rapport définitif ne soit établi courant novembre. Pour l’heure, seul le CD64 a déclenché les procédures administratives qu’imposent de tels soupçons de dysfonctionnements, « habituellement nous effectuons toutes ces démarches d’inspection en équipes mixtes avec ceux de l’ARS, là nous avons jugé l’affaire très grave et n’avons pas voulu attendre, hélas, l’ARS n’avait pu y participer faute d’équipe disponible. Ce que je souhaite c’est qu’ils effectuent à leur tour une inspection dans les plus brefs délais, car nos personnes âgées et leurs familles ont le droit à notre vigilance et à notre protection. La sécurité de nos concitoyens ne peut attendre, le temps presse. » À l’heure où nous écrivions ces lignes, et malgré plusieurs relances de notre part, l’ARS Nouvelle-Aquitaine n’avait pas répondu à nos sollicitations.

EHPAD RENE GABE GURMENCON

Un premier décès par défenestration au sein de l'EHPAD René-Gabe à Gurmençon n'a pas été signalé durant de longs mois aux autorités, provoquant l'ire des élus du Conseil Départemental des Pyrénées-Atlantiques.

Texte et photos : Fabrice Borowczyk

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